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Nos collections patrimoniales

La Bibliothèque de Toulouse dispose de nombreux ouvrages précieux, constitués depuis le XVIIIe siècle et réunis grâce à des donations et une active politique d'acquisitions.

La Bibliothèque de Toulouse dispose de nombreux ouvrages précieux, constitués depuis le XVIIIe siècle et réunis grâce à des donations et une active politique d'acquisitions. Ces documents sont conservés à la Bibliothèque d'Étude et du Patrimoine.


Les livres anciens : imprimés du XVe siècle à 1815

Les métamorphoses d’Ovide traduites en prose française, par N. RSi la caractéristique de cette collection est d’être de portée encyclopédique, on y distingue cependant des points forts, qui s’expliquent par son histoire :

  • Des récits de voyage, illustrés ou non, provenant de la Bibliothèque des Jésuites du XVIIIe siècle. Les missionnaires possédaient, en effet, de nombreux livres de géographie.

  • Des livres de médecine ou de pharmacie, antérieurs à 1815, illustrant l’importance de l’École de médecine de Toulouse sous l’Ancien Régime

  • Des imprimés anglais, venus pour la plupart de la bibliothèque du comte de Middleton.

    Ambassadeur d’Écosse à Vienne en 1680, Charles Middleton joua un rôle politique important sous le règne de Jacques II d’Écosse. Il possédait une bibliothèque très fournie, qui passa ensuite par héritage dans celle du duc de Perth puis fut partiellement acquise par Jean-Jacques Lefranc de Pompigan. Celle-ci, achetée par le Collège Royal de Toulouse en 1785, fit partie de la Bibliothèque municipale de Toulouse en 1804.

  • Des imprimés toulousains depuis l’apparition de l’imprimerie à Toulouse vers 1475.

  • Des ouvrages illustrés de faunes et de flores, dont beaucoup proviennent de la bibliothèque du naturaliste Philippe Picot de Lapeyrouse (Toulouse, 1744-1818). Naturaliste, il se donna pour but, pendant sa vie entière, de rédiger une très importante Histoire naturelle des Pyrénées et en particulier une histoire détaillée des plantes de ces montagnes. L’ampleur de cette entreprise était telle qu’il ne parvint à publier en 1813 qu’une Histoire abrégée des plantes des Pyrénées.

  • Des catalogues de ventes aux enchères (XVIIe - fin XIXe siècle), souvent annotés du prix des livres et œuvres d’art mis en vente.

  • 282 incunables (livres imprimés pendant la période entre la découverte de l’imprimerie et le 1er janvier 1501) en français, latin, espagnol, occitan et d’autres langues.

  • 35 livres ayant appartenu à Jean Racine, transmis par son fils Louis au poète et collectionneur Jean-Jacques Lefranc de Pompignan. Homme de lettre éclairé, poète, librettiste et magistrat, Jean-Jacques Lefranc de Pompignan (1709-1784) fit acquérir pour sa collection quelque 26 000 volumes dont 1500 partitions musicales, ouvrages conservés aujourd’hui à la Bibliothèque de Toulouse.

  • Des ouvrages sur l’Histoire de Toulouse, remarquables et nombreux, dont Les gestes des Toulousains (cette publication de Nicolas Bertrand, dont la première parut en 1515, relate l’histoire de Toulouse ; elle est particulièrement célèbre pour l’une de ses illustrations, représentant Toulouse au XVIe siècle), ou encore Histoire des Comtes de Toulouse, de Guillaume Catel (cette publication datant de 1623, relate les principaux faits de chaque comte de Toulouse - de 710 à 1271 - avec leurs portraits.

  • Le Fonds Molière, qui a été donné en 1921 par l’ancien bibliothécaire de la ville, Eugène Lapierre. Il contient de très nombreuses éditions illustrées des textes de Molière, du XVIIe au XIXe siècle.

  • Quelques raretés, parmi lesquelles un exemplaire du premier livre imprimé au Japon (Nagasaki) au XVIIe siècle ; un des deux prospectus qui subsistent en France présentant la souscription lancée par Diderot et d’Alembert pour leur Encyclopédie ; un dictionnaire raisonné des sciences, arts et métiers ( vaste publication de 1751-1772 comprenant 17 volumes de textes et 11 volumes de planches)qui se donne pour objectif de faire le point sur toutes les connaissances de l’époque en matière scientifique et sur l’histoire des progrès de l’esprit humain.

Les partitions anciennes

La Bibliothèque de Toulouse se place au premier rang des collections publiques dans le domaine musical grâce à un collectionneur toulousain exceptionnel : Jean-Jacques Lefranc de Pompignan.
Homme de lettre éclairé, poète, librettiste et magistrat, Jean-Jacques Lefranc de Pompignan mandatait des commissionnaires spécialisés pour acquérir ouvrages précieux et partitions. À sa mort il était possesseur de 26 000 volumes dont quelque 1 500 partitions.

Héritière de ce fonds augmenté de dons et legs (legs Émile Belloc en 1914 et dons Mgr Ollier en 1958 et Xavier Darasse en 1977), la Bibliothèque de Toulouse conserve environ 3 000 partitions du XIIe siècle à nos jours.


  • Musique lyrique et répertoire scénique

L’opéra des XVIIe et XVIIIe siècles, celui du baroque français en particulier, est exceptionnellement bien représenté avec des partitions d’époque et parfois le matériel d’orchestre : la quasi totalité des œuvres de Lully ( Tragédies lyriques et Ballets), presque tous les opéras de Campra, Rameau, Rebel, Francoeur, Leclair...
À côté des cantates françaises de Clérambault, Morin, Stuck ou Bernier, on remarque une Cantate à grand chœur pour l’établissement d’une académie de musique à Toulouse par Charles Levens, maître de chapelle de la cathédrale Saint-Étienne.

Le répertoire plus délicat des chansons, lied et romances, est abondamment présent dans les collections toulousaines avec des Recueils Ballard du XVIIe siècle (chansonnettes, bluettes, chansons à boire…).


  • Musique religieuse

On relève quelques manuscrits remarquables, dont : celui d’une messe polyphonique du XIVe siècle (dite Messe de Toulouse), celui de la Messe Agatange (en plain-chant néo-gallican du XVIIe), trois grands Magnificats en manuscrits autographes de B.A Dupuy, maître de chapelle à Saint-Sernin.
Aux éditions vénitiennes du XVIe regroupant des Motets de l’école franco-flamande sont venus s’ajouter ultérieurement ceux de Campra, Bassani, Delalande, Bournonville… jusqu’à un motet autographe de Pérosi de 1928.

  • Musique instrumentale

La plupart des instruments est représentée : le clavecin, le piano, l’orgue, le violon ou le violoncelle. Mais aussi ces instruments particulièrement emblématiques d’une époque : le pianoforte (Dussek, Clementi, Steibelt), la basse de viole (Marais, Caix d’Hervelois, Schenk), la musette (de Boismortier, Chédeville).


  • Collection régionale

S’il n’y a pas de griffe proprement régionale en matière d’écriture musicale, on peut souligner cependant l’usage de l’occitan : dans une cantate bouffonne anonyme L’éloge du cabaret ; du languedocien dans la pastorale Daphnis et Alcimadure de Mondonville ou encore des Canticos noubels sur la naissenço de nostre seigne Jesus-Chris du XVIIIe siècle.
La collection comporte également des manuscrits autographes de personnalités comme Déodat de Séverac, Salvayre ou Büsser, des motets et oratorios de Combes, de Marty, le Ballet de l’inconstance de Chavigny sur des poèmes du Toulousain Baour-Lormain de Berjaud.



Les livres du XIXe siècle

Dans l’histoire du livre, le XIXe siècle se caractérise par une explosion de la production, et ce dans tous les domaines. Cette explosion a été rendue possible par les progrès techniques, et l’industrialisation ; elle a répondu également à un besoin d’information grandissant et a correspondu à une période de forte alphabétisation dans tout le pays. Les collections de la bibliothèque datant de cette période en sont le reflet :

  • À côté des domaines bien connus (littérature, arts …), les journaux (quotidiens, hebdomadaires, nationaux, locaux) sont nombreux, de grands formats, souvent illustrés avec les techniques évoluant avec les décennies : gravures sur bois, lithographies puis photographies.
    Des chefs d’œuvre de la littérature sont illustrés par de grands artistes de l’époque : Don Quichotte par Gustave Doré, les Contes de Perrault, les Fables de La Fontaine par Delacroix. Le peintre d’histoire toulousain Jean-Paul Laurens illustre entre autres le Pape de Victor Hugo.

  • Les romans de littérature populaire, de gare ou de colportage remplissent des rayonnages entiers, reflets de cette culture populaire des villes ou des campagnes si caractéristique de ce siècle.

  • Les ouvrages scientifiques, souvent déposés par l’État, en particulier dans le domaine historique, rappellent l’ensemble du travail colossal réalisé à cette époque pour la publication des sources de l’histoire ou le développement des sciences et des techniques.


Une collection qui n’est pas forcément rare, mais cependant menacée...
Les ouvrages du XIXe siècle ont fait l’objet d’un désintérêt appuyé d’une grande partie du XXe siècle, qui les a jugés « trop récents ». D’autre part, le papier fabriqué à partir de la pâte de bois menace toute la production de cette période d’autodestruction en raison de son acidité. Ainsi, faute d’une attention particulière des établissements de conservation et du public, il n’est pas exclu que ces ouvrages finissent par devenir rares !

X IX
Description de l’Égypte ou recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l’expédition de l’armée française... Rés A XIX 161 ( 3 ) vol II planche 59 (Thèbes.Hypogées)



Les manuscrits et imprimés rares

  • Manuscrits anciens

Près de 4 000 manuscrits sont conservés à la Bibliothèque d’Étude et du Patrimoine.

ms 822

500 environ datent du Moyen-Âge, souvent en parchemin, décorés de lettrines ou de riches enluminures, dotés parfois de reliures somptueuses. La plupart provient des collections des établissements religieux de Toulouse et de la région, confisquées à la Révolution Française (Couvents des Dominicains - aujourd’hui des Jacobins, des Augustins, des Franciscains…).

 


 

ms 13

Ces ouvrages sont remarquables par :
- leur ancienneté : datant du VIIe siècle, un recueil de Décrétales copié à la cathédrale d ‘Albi (recueil de décisions prises par le Pape) est le plus ancien conservé à la Bibliothèque de Toulouse ;
- la finesse de leurs enluminures : dans les Grandes Chroniques de France (retraçant le règne des rois de France), des vignettes enluminées illustrent des scènes royales ou de batailles ;
- leur aspect : les Apocalypses, comme cet exemple du XIVe siècle, sont de véritables peintures vivantes ;
· la somptuosité de leur décoration : à la fin du XVe siècle, les Livres d'Heures deviennent un signe extérieur de richesse pour leurs commanditaires ;
- leur contribution à l’Histoire de Toulouse : le manuscrit de travail de Bernard de Caux, inquisiteur à la période cathare qui procéda aux interrogatoires des hérétiques Albigeois entre 1245 et 1253, ou la correspondance de Samuel de Fermat sur la publication des œuvres de son père, le mathématicien Pierre de Fermat, ou encore les travaux du naturaliste toulousain Philippe Picot de Lapeyrouse, qui fit l’étude de la flore et des
minéraux des Pyrénées.


  • Livres d'artistes des XXe et XXIe siècles

Les 3 600 ouvrages conservés à la bibliothèque en font l’une des plus importantes collections contemporaines en France.
Les livres d’artistes sont à la fois :
- des livres de rencontre : entre écrivains, artistes, typographes, relieurs, éditeurs entre œuvre littéraire et œuvre plastique ;
- des objets singuliers : caractérisés par des illustrations originales, des matériaux nobles, des techniques de fabrication artisanales, des tirages limités ;
- des livres insolites : déconstruisant la forme traditionnelle du livre, allant jusqu'au livre serre (du plasticien Jean-Paul Ruiz) avec terre de jardin et feuilles de papier légumes ;
- des ouvrages rares et précieux : choisis et conservés par la Bibliothèque de Toulouse pour constituer le patrimoine de demain ;

- un panorama de la création contemporaine.


Sont largement représentés :

- Matisse, Picasso, Braque, Derain, Dufy, Miro, Dali, Vieira da Silva qui ont illustré dans les années 1940 à 1960 des textes de : Pétrone, Charles d’Orléans, Rimbaud, Garcia Lorca, Montherlant, Char, Reverdy… ;
- des artistes : Zao Wou Ki, Génviève Asse, Marie-Paule Lesage, Joël Leick, Jean-Paul Ruiz ;
- des poètes et plasticiens comme Pierre Lecuire ;
- des maisons d’éditions : Cheyne, Le Tarabuste ou Fata Morgana ;

- le livre d’artiste en région.
La Bibliothèque de Toulouse s’est donné pour mission d’acquérir les éditions contemporaines locales et régionales.



Les collections particulières

  • Le fonds Racine, constitué d’ouvrages ayant appartenu à l’écrivain et souvent annotés de sa main

  • Le fonds Molière, qui comprend une grande variété d’éditions de ses œuvres

  • Le fonds Béraldi, consacré aux Pyrénées

  • Le fonds Cauvet, riche en éditions remarquables des XVIIIe et XIXe siècles

  • Le fonds Ancely, où figurent de nombreuses estampes sur les Pyrénées

  • Le fonds maçonnique, l’un des plus importants de France

  • Le fonds Pomier, consacré à l’Algérie