Gustave Le Bon (1841-1931)

Il parcourt l’Europe, l’Asie et l’Afrique du Nord entre les années 1860 et 1880. Il écrit des récits de voyage, des ouvrages d’archéologie et d’anthropologie sur les civilisations de l’Orient et participe au comité d’organisation des expositions universelles. En 1879, il fait une entrée remarquée au sein de la Société d’Anthropologie de Paris.
L’approche psycho-sociologique de Gustave Le Bon est novatrice : pour lui, il n’y a pas de races pures dans les pays civilisés. Le rôle de la puissance colonisatrice doit se borner à maintenir la paix et la stabilité, à développer des relations commerciales, mais elle ne doit pas imposer sa civilisation à des populations réticentes. En 1895, il publie Psychologie des foules, qui eut une influence importante au début du XXe siècle. Sigmund Freud s’y réfère dans Psychologie collective et analyse du moi.

 Le Bon participe par la suite activement à la vie intellectuelle
française. Ses découvertes lui permirent par ailleurs d’avertir que la montée du fascisme en Italie n’était pas un phénomène isolé mais risquait au contraire de s’étendre, à la faveur d’événements violents. Le Bon a été l’un des premiers penseurs à avoir alerté sur le danger de la doctrine de la supériorité de la race aryenne, et condamné par avance la montée du nazisme. Des républicains - Roosevelt, Clemenceau, Poincaré, Churchill, de Gaulle, se sont référés à ses théories.

Il a été redécouvert en France grâce à Serge Moscovici. Pour Moscovici, Le Bon est celui qui, le premier, a saisi
l’importance du rôle des masses dans le processus
historique.
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