Edmund Dulac, illustrations féeriques

L’Angleterre, terre d’adoption

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Les Stories from the Arabian Nights gardent toujours leur fraîcheur. En voyant ces images, on reconnaît aussitôt Dulac. C’était un homme fasciné par l’Orient dont il aimait les civilisations et les arts. On dit qu’il s’était initié à certaines langues rares, le chinois, l’hébreu, le persan. Il est peu probable qu’il les ait maîtrisées mais cet apprentissage était le reflet d’un réel attrait pour ces pays lointains. Dès ses premiers livres, il a apporté dans ses illustrations une nouveauté : la couleur est libre du cerne noir, dont elle donne l’impression de s’affranchir. Le passage d’une teinte à une autre se fait naturellement, comme dans une peinture. Comparé à ses concurrents anglais, il est proche du travail d’un peintre : il laisse la couleur définir les formes. Mais bien sûr le dessin est là, invisible et précis. L’accueil de la critique aux Stories from the Arabian Nights fut très favorable : elle salua l’apparition d’un artiste qui « rêvait d’extraordinaires rêves ». On lui reprocha seulement le manque de gravité de certaines scènes, reproche injuste car les contes arabes des Mille et une nuits sont souvent mêlés d’épisodes drôles. Le
goût de produire des dessins humoristiques n’a d’ailleurs jamais quitté Dulac. Trace possible de ses 
                           origines méridionales, il aima toujours les traits comiques. Dans ses carnets on trouve des esquisses
                          de personnages qui font sourire, par leur allure, leurs mimiques ou leurs habits. Cependant, à l’inverse
                          de Rackham, Dulac n’a jamais exploité le grotesque.