Edmund Dulac, illustrations féeriques

L’Angleterre, terre d’adoption

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Un premier succès : Stories from the Arabian Nights

Les illustrations de Dulac frappent par leur netteté : le dessin est maîtrisé, élégant, jamais anguleux, le cerne noir du trait absent dans la plupart des planches. L’oeil du spectateur surplombe les scènes représentées ou est à leur hauteur, ce qui donne de l’homogénéité à l’ensemble. Rien dans ce livre n’est monotone. Les scènes de rues ou de groupes sont souvent drôles en raison de l’aspect typé des personnages, le rêveur, le petit, le gros, le benêt. Les génies louchent pour moins effrayer le lecteur. Sauf quand la mer est menaçante, les paysages sont calmes, les femmes élégantes, poétiques, aux allures de souveraines graves : elles ne rient ou ne sourient jamais. Leur mimique immobile accentue leur air lointain. Certaines images sont traitées comme des miniatures orientales, le fond ne ménageant pas de perspective, orné d’éléments décoratifs géométriques comme des faïences alignées. C’est dans cet ouvrage qu’apparaît le bleu Dulac, couleur des nuits transparentes de l’Orient où l’on y voit comme en plein jour, que l’artiste harmonise avec des pourpres et du jaune fané. Des îlots de lumière intense rendent l’ombre habitée.