Cit’Imagine… du côté des adultes

Utopie et Anticipation XVI – XIXè

Les villes utopiques dans la littérature permettent d’aborder la définition d’une société idéale.
La fiction a beaucoup utilisé le concept de l’utopie pour imaginer une vie meilleure pour la collectivité, dans un cadre idyllique ou un monde merveilleux.
Le genre utopique s’affirme au 16è siècle, avec Thomas More, s’accordant totalement avec la diffusion des idées humanistes du moment. Avant lui, les auteurs de la Grèce Antique, comme Platon, avaient déjà pensé le cité idéale, qui n’a cessé d’inspirer au fil du temps penseurs, philosophes, architectes…
Au cours du 18è siècle, la fiction continue à se servir de ce genre, mais sa nature change, puisqu’il devient également une critique des institutions politiques en place en vue de les réformer, ou de proposer des organisations alternatives.
A partir du 19è siècle, les évolutions techniques, scientifiques, économiques et politiques s’accélèrent, et la vision futuriste de la cité idéale dénonce aussi les travers et les perversions dus au progrès. Véritable visionnaire, Jules Verne, par exemple, intègre toutes les avancées scientifiques dans ses mondes imaginaires, qui marquent le véritable début de la science fiction et de la contre utopie.

©Gallica.bnf.fr, Le vingtième siècle d’Albert Robida, G. Decaux, 1883

Les villes invisibles
Un projet de livre d’artiste autour des Villes invisibles d’Italo Calvino a été mis en oeuvre en 2010-2011 par des étudiants de l’Ecole Estienne (diplôme de Métiers d’art, sections dédiées aux livres).
Ce roman, entre utopie et dystopie, décrit par la voix de Marco Polo, un voyage, une cartographie de cinquante cinq villes aux noms de femmes. L’auteur revisite la mémoire collective, les représentations mythiques, et fait se télescoper mémoire et désir du voyageur, passé et futur.
Dans leur travail de recherche, les étudiants ont exploré ces différents axes. Ils ont proposé une « remouture » graphique d’une œuvre littéraire (Le Livre des merveilles de Marco Polo), et porté un regard attentif à l’architecture, à la trace, et à la ville comme « forêt de signes ».

« Que représente la ville pour nous aujourd’hui ? Je pense avoir écrit une sorte de dernier poème d’amour aux villes, au moment où il devient de plus en plus difficile de les vivre comme des villes. Nous nous approchons peut-être d’un moment de crise de la vie urbaine, et Les Villes invisibles sont un rêve qui naît au cœur des villes invivables. »
Italo CALVINO, Les Villes invisibles, préface de l’auteur, 1972

©Octavie, Nastassja Imiolek, Livre d’artiste, Ecole Supérieure Estienne, 2011

La ville à l’affiche
Fantasmée ou réelle, la ville a toujours occupé une place privilégiée dans l'art cinématographique.
Au point de devenir au-delà du décor ou de l'arrière plan, le sujet même de multiples histoires.
Fritz Lang, en visionnaire, l'a magnifiée en faisant de Metropolis le symbole du reflet même de nos sociétés où l'humain peut se perdre autant que se retrouver. Tentaculaire, vertigineuse, étouffante, crépusculaire ou lumineuse, ses déclinaisons se sont développées dans tous les genres : de l’expressionnisme à la Nouvelle Vague, du documentaire à la science-fiction. Et il
suffit souvent qu'un nom apparaisse dans le titre d'un film pour libérer l'imagination de
chacun : Un américain à Paris, Deux hommes dans Manhattan, L'homme de Berlin.
L'envoûtement est là. Les plus grands illustrateurs d'affiches de cinéma ne s'y sont pas trompés : Guy- Gérard Noël, Roger Soubie, Kerfyser ou Belinsky ont repris les éléments du décor urbain pour reproduire et synthétiser graphiquement l'univers du film sur l'affiche.
Quelques affiches issues des collections de La Cinémathèque de Toulouse vous invitent à errer au milieu de ces villes cinématographiques.