Big bang,
Quelques définitions

Aède : poète épique ou hymnique de la Grèce archaïque, généralement aussi chanteur-récitant de ses œuvres.

Bacchanales : fêtes religieuses célébrées en l'honneur de Bacchus, nom sous lequel les Romains adoptèrent Dionysos, l'assimilant au dieu italique Liber Pater.
Les bacchanales désignent aussi bien la fête grecque [dionysies] que les mystères dionysiaques spécifiques de l'Italie. À Rome, les bacchanales se répandirent à partir de la Grande-Grèce. Les réunions destinées à célébrer les mystères devinrent parfois un prétexte à débauche ou à crime.

Barde : poète-chanteur qui célébrait les exploits des héros en s'accompagnant de la cruth (sorte de lyre).

Chant diphonique : technique vocale permettant à une personne de produire un timbre vocal caractérisé par deux notes de fréquences différentes. Ce type de chant est pratiqué depuis longtemps dans diverses musiques traditionnelles du monde, plus particulièrement en Haute-Asie et de manière plus discrète parmi les Sardes d'Italie, les Rajasthanis d'Inde et les Xhosas d’Afrique du Sud.

Crin-crin : comprendre Archet.

Epinette  : instrument de musique, dont on joue par un clavier composé de quarante-neuf touches.

Extatique : qui relève de l’extase.

Fifre  : petite flûte traversière en bois au son criard, utilisée dans des ensembles de musique populaire ou militaire.

Grand Schisme d'Occident : division entre les chrétiens d'Occident (1378-1417), alors que deux ou même trois papes se disputent la papauté à Rome et à Avignon.

Grotesque : dessin, peinture ou sculpture représentant des formes, des personnages bizarres, par extension du sens premier [ornement des monuments antiques mis au jour en Italie par les fouilles de la Renaissance et représentant des sujets fantastiques, des compositions capricieuses figurant des personnages, des animaux, des plantes étranges].

Histrion : acteur ambulant, mime qui se produisait sur les places publiques.

Hauteur musicale : une des quatre qualités essentielles d'un son (avec le timbre, l'intensité et la durée), dépendant de la fréquence de la vibration, et perçue subjectivement comme une impression d'acuité ou de gravité plus ou moins grande.

Intervalle musical : distance qui sépare deux sons émis soit simultanément (intervalle harmonique) soit l'un après l'autre (intervalle mélodique).

Jugement dernier : jugement solennel qui aura lieu à la fin du monde, au cours duquel la puissance de Dieu éclatera aux yeux de tous, vivants et morts, qui ressusciteront à ce moment, qui recevront publiquement leur récompense ou leur punition éternelle.

Kirghizstan : aussi appelé Kirghizistan, Kirghizie ou encore Kirguizie.
Pays limitrophe de la Chine, de l’Ouzbekistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan. Bishkek en est la capitale.

L’art de bien mourir : bien mourir, mourir chrétiennement, dans des sentiments de pénitence et de foi. Thème de deux textes latins (Ars Moriendi) datant de 1415 et 1540, typiques de la mentalité de la fin du Moyen Âge et de la Renaisssance. Très populaires, ces livres ont été traduits dans la plupart des langues d’Europe de l’Ouest, fondant une tradition littéraire des guides de décès et de sa bonne pratique sous forme de textes religieux rapidement imprimés et fortement diffusés.

L’Esprit Saint : troisième personne de la Sainte Trinité, procédant du Père et du Fils.

L’office des fous : fête bouffonne, au Moyen Âge, consistant en une parodie des offices religieux.

Mélisme : dessin mélodique de plusieurs notes ornant une des syllabes accentuées ou non d'un texte chanté.

Mélophone : instrument à anches libres et à vent, en forme de guitare, dont le son est proche de celui de l'accordéon.

Ménétrier  : musicien populaire qui faisait danser les villageois, le plus souvent au son du violon, en particulier à l'occasion des noces.

Némès : coiffe la plus emblématique des pharaons de l'Ancien Empire jusqu'à la période ptolémaïque qui serait le symbole de la déesse vautour Nékhbet. Il s’agit d’un couvre-chef de tissu, assez complexe, composé de plusieurs parties dont la coiffe Khat – partie principale couvrant le haut et l'arrière de la tête, les parties temporales, le bandeau frontal, l'uræus (ou cobra), les ailes, les retombées et la tresse.

Orchestrion : ancien orgue portatif.

Psaltérion : le psaltérion ou nonca est un instrument de musique à cordes qui apparaît au Moyen Âge.

Pschent : coiffure portée par les pharaons, appelée aussi « double couronne » et constituée d'un mortier rouge emboîté dans une mitre blanche, symbolisant la souveraineté sur la Haute et la Basse Égypte.

Rhapsode  : chanteur qui allait de ville en ville pour interpréter des poèmes épiques et particulièrement des passages de l'Iliade ou de l'Odyssée.

Robert Fludd (1574-1637)
Héritier de la tradition hermético-kabbalistique de la Renaissance, Fludd apparaît comme une remarquable figure du XVIIe siècle.
Défenseur des alchimistes et des Rose-Croix, il justifia en 1616 dans son premier ouvrage Apologia compendiaria (revu et augmenté en 1617 pour donner le Tractatus apologeticus) la "bonne magie", c'est-à-dire la magie soit « mathématique » soit kabbalistique. Se servant des doctrines  rosicruciennes pour décrire l'homme, la nature et l'univers, il consacra aussi une part importante de ses écrits à défendre la réforme des sciences.
Dans toute son œuvre, Robert Fludd s'attacha enfin à présenter l'harmonie entre le macrocosme (le monde) et le microcosme (l'homme) ; il s'intéressa aux correspondances harmoniques existant entre les planètes, les anges, les parties du corps humain et la musique.

Saturnales : fêtes accompagnées de grandes réjouissances, célébrées en l'honneur de Saturne, pendant lesquelles les esclaves jouissaient d'une apparente liberté et où tout était permis.

Sebastian Brant :
(1457-1521)
Humaniste alsacien issu d’un milieu modeste, Sebastian Brant reçut dès 1475 une excellente éducation à l’université de Bâle – haut lieu de la Réforme et de l’Humanisme – dans laquelle il devint professeur de droit et de littérature puis doyen.
Sur la demande expresse de nombreux amis, il retourna à Strasbourg en 1500 et en devint le chancelier trois ans plus tard. Grand ambassadeur de la ville (alors Ville libre d’Empire), Sebastian Brant fut ensuite nommé conseiller impérial au service de Maximilien Ier.

Passionné par les poètes classiques, tout particulièrement Virgile, il composa lui-même des poèmes en latin mais se tourna progressivement vers une rédaction en allemand, langue dans laquelle il s’employa également à traduire des textes de Caton.
En 1494, il publia à Bâle le très célèbre Das Narrenschiff (ou La Nef des fous).
Dans ce poème satirique, sont décrits les défauts et les faiblesses de ses contemporains dont les vices sont personnifiés par un fou. Il s’agit là d’une vive critique des cinq sens, écrite dans une langue familière et basée sur deux coutumes de l’époque : l’habitude de se débarrasser des aliénés en les confiant à des bateliers et les fêtes carnavalesques caricaturant les métiers.

Le texte nous livre une très fiable photographie de la société rhénane, notamment universitaire, prise dans les tensions religieuses découlant sur la Réforme et la Contre-Réforme. Il nous éclaire également sur la crainte provoquée par la puissance ottomane que l’empereur Maximilien peinait à maîtriser.
Malgré ces critiques à peine voilées à direction du pouvoir politique et avant tout de l’Eglise, Sebastian Brant resta cependant un grand défenseur de la foi orthodoxe tout en contrecarrant les idées émanant de la Réforme.

Voulant réveiller les consciences, Brant resta très attaché à l’idée de rédemption et de rachat de ses fautes, tel que le proclamait l’Eglise. La folie dont il dessine les traits n’étant que le résultat du péché (véniel comme mortel) de ses contemporains : passion du jeu, passion des livres (!), abus d’alcool, adultère et concubinage, orgueil, jalousie et médisance, grossièreté, fraude, manque d’éducation, colère, …
La nef chargée de tant de fous vogue donc vers la Narragonie, île de la folie et est vouée à la perdition tant que ses passagers ne se convertiront pas, comme l’écrit clairement Sebastian Brant dans le prologue de l’œuvre : «Partout, en tous lieux, on trouve maintenant des livres de piété (..) que je m’étonne de ne voir personne devenir meilleur. (…) Le monde demeure dans une nuit profonde et persiste, aveuglé, dans le péché. Les rues sont remplies de fous. Ils mènent leur folie partout mais ne veulent pas qu’on le dise. C’est pourquoi j’ai étudié le projet d’équiper pour eux : Les nefs des fous ! (…) Des fous et des insensés j’ai ici fait le portrait. Et celui qui méprise le texte, ou ne saurait le lire, peut se reconnaître dans les images. Il verra à quoi il ressemble, qui il est en réalité et ce qu’il devrait corriger en lui. C’est le Miroir des Fousdans lequel chacun peut se reconnaître. » 
Le  poème, composé de cent douze chapitres – chaque chapitre correspondant à un vice en particulier, est illustré par les gravures d’Albrecht Dürer. Il permet ainsi une lecture facilitée car imagée.
Rapidement traduit en latin (Stultifera Navis), plusieurs fois réédité, l’ouvrage fut un succès largement repris à travers toute l’Europe. Il devint d’ailleurs, après la Bible, le texte le plus lu en Allemagne et en Europe au XVIe siècle ; certains ecclésiastiques le citant même en chaire. L’intérêt commun pour cette œuvre magistrale s’explique par la diversité de références sur lesquelles s’appuya son auteur : mythologie, textes bibliques, auteurs classiques, scènes de la vie quotidienne, ...
Avec La nef des fous, Sebastian Brant permit au genre littéraire satirique et moralisant de se renouveler, ce dernier atteignant son apogée avec l’Eloge de la folie d’Erasme.

Serinette : petit instrument mécanique utilisé autrefois pour apprendre à chanter aux serins et aux oiseaux chanteurs.

Sonnailles : clochettes, grelots ou petits objets (coques de fruits, coquillages, sabots de chèvre...) qui s'attachent autour des chevilles, poignets, ceinture ou s’accrochent aux vêtements et que l’on porte lors des danses traditionnelles.
Elles servent souvent à l'accompagnement des djembés ou autres instruments de percussion originaires d'Afrique ou d'Amérique du Sud (Bolivie, Pérou, ...). En France, elles sont présentes dans les danses traditionnelles basques, notamment lors du carnaval de Zubieta ou du Labourd.

Tao, Yin et Yang  : dans le taoïsme chinois, chacun des deux aspects opposés et complémentaires de tout ce qui existe (le yin correspondant à la terre, à la lune, à l'ombre, au froid, à l'eau, à l'humidité, à la passivité, à la féminité; le yang correspondant au soleil, à la lumière, à la chaleur, à la sécheresse, à l'activité, à la masculinité) et dont l'alternance, l'interaction permanentes produisent la vie, forment le grand principe de l'Ordre universel ou Tao.

Tonne : très grand tonneau, large et renflé.

Vielle  : dans le haut Moyen Âge, instrument à cordes et à archet, ancêtre de la viole, qui se jouait appuyé sur l'épaule ou plus rarement serré entre les genoux.

Vielle à roue : instrument dont la caisse sonore a la forme d'un luth, dont les cordes (deux cordes mélodiques et deux ou quatre cordes faisant office de bourdon) sont mises en vibration par une roue actionnée au moyen d'une manivelle et qui était en usage du Moyen-Âge au XVIIIe siècle et aujourd'hui dans la musique folklorique de la Bretagne et du Centre.

Viole : instrument à cordes (cinq à sept) et à archet, qui se tient verticalement sur le genou ou entre les genoux, dont la facture a varié du Moyen Âge au XVIIIe siècle et qui comprend une caisse allongée percée d'ouïes en forme de C, à fond plat et à éclisses hautes, un manche garni de touches, un cheviller terminé par une crosse ou une sculpture.

Sources :
- Dictionnaire Littré en ligne
- Encyclopédie Larousse en ligne
- Encyclopédie Universalis en ligne
- Das Narrenschiff / Sebastian Brant ; ill. par Robert Beltz. Réédition numérique (2011) du cahier Langue et Culture Régionales n°6


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