ico  1904

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C'est épatant
1904 - 1934 : L'essor de l'illustration

L’Arrivée des américains

Tous les journaux doivent faire face, à partir de 1934, à une forte concurrence née de l’arrivée en France des bandes dessinées américaines : les comics. Pour conserver leurs lecteurs, attirés par ces nouveaux illustrés, les journaux essaient de s’adapter, voire de copier, mais certains ne peuvent pas survivre à cette révolution.

L’année 1934 marque un tournant décisif ; on assiste à une transformation radicale du contenu et de la présentation. Ce bouleversement dans la conception provient de la volonté des éditeurs de favoriser l’illustration en utilisant des bandes dessinées en provenance de l’étranger, et surtout des Etats-Unis.

Ces publications, pour les éditeurs-hommes d’affaires, ouvrent un marché immense. La mise de fonds est quasiment nulle : les bandes dessinées réalisées pour un public américain adulte, ayant déjà paru, s’achètent à très bas prix. La traduction des textes et leur insertion dans les bulles constituent les seules véritables dépenses. Les journaux atteignent des tirages inhabituels.

« Lorsque j’ai lancé le Journal de Mickey en 1934, déclare Paul Winkler, aucun journal de jeunes ne tirait au-dessus de 50000 exemplaires. […] Nous avons rompu avec les traditions quelque peu vieillottes des journaux de jeunes établis jusqu’alors. Le public a été sensible à cette bouffée d’air frais que nous lui avons apportée, et nous a suivis. Ainsi, le tirage du Journal de Mickey s’est aussitôt stabilisé à 500000 exemplaires. »

Les nouveaux directeurs s’occupent plus de rentabiliser leur entreprise que de former le jugement de leurs lecteurs. Les enfants sont attirés par ces journaux, qui, pour quelques centimes par semaine, leur offrent des images à contempler, en supprimant tout effort de lecture. Tous les titres traditionnels perdent brutalement leur crédibilité auprès de leurs « fidèles lecteurs », soudain hypnotisés par le dessin. Afin de sauvegarder un peu de leur audience, ces journaux, sans aucune hésitation, adaptent leur contenu et changent leurs titres : Cri-Cri en Boum, L’Intrépide en Hardi, le Petit illustré en As.

Le groupe Offenstadt , le premier à avoir lancé des illustrés, voit sa place diminuer sur le marché, bien que le tirage global de ses journaux atteigne chaque semaine le million d’exemplaires.